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Arthroscopie de l’épaule

Acromioplastie, bursectomie, résection acromio-claviculaire, évacuation de calcification

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention arthroscopique envisagée pour votre épaule : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les semaines qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

Il s’agit d’une technique mini-invasive : une caméra (arthroscope) et des instruments fins sont introduits par 2 à 4 petites incisions autour de l’épaule. Cela permet d’explorer l’articulation et l’espace situé sous l’acromion, puis de traiter la cause de vos douleurs sans ouvrir l’épaule. Plusieurs gestes peuvent être associés au cours de la même intervention, selon ce qui est constaté.

Ces gestes ne comportent pas de réparation tendineuse : il n’y a donc pas de cicatrisation à protéger, et la rééducation peut débuter rapidement.

Alternatives et évolution sans intervention

Le traitement non chirurgical est toujours la première étape : antalgiques, anti-inflammatoires, physiothérapie ciblée sur la coiffe et le contrôle de l’omoplate, infiltration sous-acromiale, adaptation des gestes en cause. Il permet de soulager une majorité de patients, et l’intervention n’est proposée qu’après plusieurs mois de traitement bien conduit. Dans le cas particulier d’une calcification, une évolution spontanée favorable est possible, parfois après une phase très douloureuse de résorption ; une ponction-lavage sous échographie constitue une alternative moins invasive à la chirurgie.

Sans intervention, l’évolution n’est généralement pas dangereuse pour l’épaule : c’est la persistance de la douleur, notamment nocturne, et la limitation des gestes bras en l’air qui motivent la chirurgie. L’objectif de l’intervention est de supprimer la douleur et de vous permettre de reprendre vos activités.

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, combinée à une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

L’opération dure en moyenne entre 30 minutes et 1 heure, selon le nombre de gestes réalisés.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

Cette chirurgie est l’une des mieux tolérées de l’épaule, mais aucune intervention n’est sans risque.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

La rééducation vise ici à récupérer rapidement la mobilité et à éviter l’enraidissement. Aucune structure réparée n’est à protéger, mais la douleur reste le guide.

La récupération est plus rapide qu’après une réparation tendineuse : l’essentiel du bénéfice est habituellement acquis entre 6 semaines et 3 mois. Après évacuation d’une calcification, une phase inflammatoire douloureuse de quelques semaines est fréquente avant l’amélioration.

6. Reprise des activités

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Le bloc anesthésique est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Quand vais-je être soulagé ?

R : Plus vite qu’après une réparation de coiffe, mais rarement immédiatement. Les premières semaines restent douloureuses, notamment la nuit ; l’amélioration s’installe progressivement entre 6 semaines et 3 mois.

Q : Dois-je vraiment porter l’attelle ?

R : Elle sert au confort, pas à protéger une réparation. Vous pouvez l’enlever pour les exercices et la toilette, et vous en passer dès que la douleur le permet.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise, calés par des oreillers, durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : La calcification peut-elle revenir ?

R : Une récidive est possible mais peu fréquente. Une petite calcification résiduelle visible sur les radiographies de contrôle est en revanche banale et n’a le plus souvent aucune traduction douloureuse.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin aux tissus et altère la cicatrisation, ce qui augmente le risque d’infection et de douleurs persistantes. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Les cicatrices seront-elles visibles ?

R : L’arthroscopie utilise de très petites incisions ; les cicatrices sont donc généralement minimes et très discrètes à terme.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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