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Disjonction acromio-claviculaire

Stabilisation arthroscopique (lésion aiguë) ou à ciel ouvert (lésion chronique)

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention envisagée pour votre disjonction (luxation) de l’articulation acromio-claviculaire : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les mois qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

La disjonction acromio-claviculaire correspond à une rupture des ligaments qui maintiennent la clavicule en place sur l’omoplate, entraînant une « marche d’escalier » visible. L’intervention vise à réduire la clavicule et à stabiliser l’articulation pendant la cicatrisation des ligaments.

La technique dépend du délai écoulé depuis l’accident. Jusqu’à 14 jours, les ligaments rompus peuvent encore cicatriser s’ils sont remis en place et maintenus : on parle de lésion aiguë. Au-delà de 14 jours, ils ne cicatrisent plus spontanément et doivent être reconstruits : on parle de lésion chronique.

Alternatives et évolution sans intervention

Le traitement non chirurgical (écharpe antalgique quelques semaines, puis physiothérapie) donne de bons résultats fonctionnels dans les disjonctions de faible importance, et reste une option défendable même dans certaines formes plus marquées. Beaucoup de patients retrouvent une épaule indolore et fonctionnelle sans opération.

Sans intervention, la « marche d’escalier » persiste définitivement, ce qui constitue surtout une gêne esthétique et, chez certains, une fatigabilité ou une douleur à l’effort bras en avant, ainsi qu’un inconfort au port du sac à dos ou de la ceinture de sécurité. Une chirurgie réalisée tardivement est plus lourde qu’une chirurgie précoce, car elle se fait à ciel ouvert et impose une reconstruction des ligaments par greffe tendineuse. L’objectif de l’intervention est de replacer la clavicule et de la maintenir le temps que les ligaments cicatrisent.

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, combinée à une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

L’opération dure en moyenne entre 45 minutes et 1h30, selon le caractère aigu ou chronique de la lésion.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

La stabilisation acromio-claviculaire est fiable, mais aucune intervention n’est sans risque.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

Les premières semaines visent avant tout à protéger la réduction : pas d’élévation active ni de port de charge tant que les ligaments n’ont pas cicatrisé.

6. Reprise des activités

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Le bloc anesthésique est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Une légère bosse peut-elle persister ?

R : Oui. Une petite « marche d’escalier » résiduelle est possible, surtout en cas de perte partielle de réduction. Elle est le plus souvent esthétique et n’empêche pas une bonne fonction de l’épaule.

Q : Pourquoi dois-je éviter de porter des charges aussi longtemps ?

R : Le poids du bras et le port de charges tirent sur le montage et peuvent entraîner une perte de réduction avant que les ligaments aient cicatrisé. La protection stricte des premières semaines conditionne le résultat.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Avec l’attelle, impérativement, pendant toute la durée prescrite. Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise (calés par des oreillers) durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller avec l’attelle ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : Aurai-je besoin d’aide à la maison ?

R : Oui, surtout la première semaine. Des gestes simples comme couper sa nourriture ou s’habiller seront difficiles. Prévoyez si possible une aide pour les premiers jours.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin aux tissus et altère la cicatrisation, ce qui augmente le risque d’échec et d’infection. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Les cicatrices seront-elles visibles ?

R : En cas de lésion aiguë, l’arthroscopie utilise de très petites incisions ; les cicatrices sont minimes et très discrètes à terme. En cas de lésion chronique, l’intervention à ciel ouvert laisse une cicatrice plus longue sur le dessus de l’épaule, qui s’estompe progressivement au fil des mois.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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