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Butée coracoïdienne – Intervention de Latarjet arthroscopique

Technique arthroscopique de Lafosse, fixation par 2 vis

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention de stabilisation de l’épaule par butée coracoïdienne (intervention de Latarjet) qui vous est proposée : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les mois qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

L’intervention de Latarjet traite l’instabilité antérieure de l’épaule, en particulier lorsqu’il existe une perte osseuse de la glène, une lésion de Hill-Sachs engageante, un échec d’une stabilisation précédente, ou chez les sportifs de contact à haut risque de récidive.

Alternatives et évolution sans intervention

La butée n’est pas la seule option. Un traitement non chirurgical (physiothérapie de renforcement et de proprioception, adaptation des activités à risque) reste envisageable si les épisodes d’instabilité sont rares et peu invalidants. Une réparation arthroscopique simple du bourrelet (intervention de Bankart) est possible lorsqu’il n’existe pas de perte osseuse significative ni de facteur de risque majeur de récidive ; c’est une intervention moins lourde, mais son taux de récidive est plus élevé dans les situations qui justifient une butée.

Sans stabilisation, les luxations ont tendance à se répéter et à user progressivement l’os de la glène, ce qui rend les reprises plus difficiles et favorise l’arthrose de l’épaule à long terme. L’objectif de la butée est d’obtenir une épaule durablement stable, avec un taux de récidive très bas.

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, combinée à une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

Il s’agit d’une intervention techniquement exigeante ; elle dure en moyenne entre 1h00 et 2h00.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

L’intervention de Latarjet est très efficace pour stabiliser l’épaule. Les complications sont peu fréquentes ; les chiffres ci-dessous proviennent de grandes séries de la technique arthroscopique à 2 vis.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

6. Reprise des activités

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Le bloc anesthésique est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Pourquoi une butée plutôt qu’une simple réparation ?

R : Lorsqu’il existe une perte osseuse de la glène, ou d’autres facteurs de risque marqués (âge jeune, hyperlaxité, sport de contact, échec d’une stabilisation antérieure), la butée offre une stabilité bien plus robuste qu’une réparation des parties molles, avec un taux de récidive très bas (environ 2 %).

Q : Vais-je perdre de la mobilité ?

R : Une légère perte de rotation externe (environ 10 à 15°) est habituelle et généralement bien tolérée, sans gêne dans la vie quotidienne.

Q : Faudra-t-il retirer les vis ?

R : Pas systématiquement. Les vis ne sont retirées qu’en cas de gêne persistante, une fois la greffe consolidée.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Avec l’attelle, impérativement, pendant toute la durée prescrite. Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise (calés par des oreillers) durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller avec l’attelle ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin aux tissus et altère la cicatrisation ; il augmente notamment le risque que la greffe ne consolide pas, ainsi que le risque d’infection. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Les cicatrices seront-elles visibles ?

R : L’arthroscopie utilise de très petites incisions ; les cicatrices sont donc généralement minimes et très discrètes à terme.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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