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Ostéosynthèse de la clavicule

Réduction ouverte et ostéosynthèse (ROOS) par plaque

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention envisagée pour la fixation de votre fracture de la clavicule : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les mois qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

L’intervention consiste à remettre en place les fragments de la clavicule, puis à les maintenir par une plaque métallique vissée sur l’os, jusqu’à la consolidation. Elle se fait à ciel ouvert, par une incision horizontale le long de la clavicule. La plaque utilisée et sa position dépendent de l’endroit où la clavicule est cassée.

Fracture de la partie moyenne : plaque supérieure ou antérieure

La plaque peut être placée sur le dessus de la clavicule (plaque supérieure) ou sur sa face avant (plaque antérieure). Le choix dépend de la forme de la fracture et de votre anatomie. Les grandes études qui comparent les deux positions (12 études, près de 1000 patients) ne montrent pas de différence de consolidation, de résultat fonctionnel, d’infection ou de refracture.

La différence porte sur la gêne causée par la plaque. Sur le dessus de la clavicule, l’os n’est recouvert que par la peau : la plaque se sent davantage au toucher, au contact d’une bretelle de sac ou d’une ceinture de sécurité. Sur la face avant, elle est en partie recouverte par les muscles. Une étude qui a distingué les ablations demandées pour une gêne de celles demandées pour des raisons esthétiques a trouvé des ablations pour gêne chez 54 % des patients avec plaque supérieure, contre 28 % avec plaque antérieure. Les ablations pour raison esthétique étaient identiques dans les deux groupes (13 %). Cette étude est de petite taille (71 patients) et ce résultat reste à confirmer.

Fracture de l’extrémité externe de la clavicule

Près de l’épaule, le fragment externe est court. Il est fixé par une plaque spécifique, préformée, qui permet de placer plusieurs vis dans ce petit fragment. Lorsque les ligaments qui relient la clavicule à l’omoplate (ligaments coraco-claviculaires) sont rompus et que la clavicule remonte, la fixation est complétée par une stabilisation coraco-claviculaire : un fil ou un implant très résistant, passé entre la clavicule et l’apophyse coracoïde, qui retient la clavicule pendant la cicatrisation.

Pourquoi opérer ?

La plupart des fractures de la clavicule consolident sans opération. L’intervention est proposée lorsque le risque d’échec du traitement non chirurgical est élevé ou lorsque la fracture menace d’autres structures :

Alternatives et évolution sans intervention

Le traitement non chirurgical consiste à porter une attelle simple pendant quelques semaines, puis à faire de la physiothérapie. Pour une fracture déplacée, il comporte toutefois des risques plus élevés :

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, souvent complétée par une anesthésie locorégionale pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

L’opération dure en moyenne entre 45 minutes et 1h30, selon la complexité de la fracture et la nécessité d’une stabilisation coraco-claviculaire.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, et lorsque le délai avant l’intervention le permet, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

La fixation d’une clavicule par plaque est une intervention fiable, mais aucune chirurgie n’est sans risque. Vous devez connaître les complications suivantes.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

6. Reprise des activités

L’objectif est d’abord la consolidation de la fracture en bonne position, puis la récupération progressive de la mobilité et de la force.

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Lorsqu’un bloc anesthésique a été réalisé, il est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Combien de temps faut-il pour que la fracture consolide ?

R : Après fixation par plaque, la clavicule consolide en moyenne en 3 à 4 mois. La reprise des sports de contact et des travaux lourds n’est autorisée qu’après confirmation radiologique de la consolidation.

Q : Faudra-t-il retirer la plaque ?

R : Non, pas systématiquement. La plaque peut rester en place définitivement. Son ablation est possible à votre demande, si elle vous gêne, mais pas avant 18 mois après l’opération. Après une ablation, l’os reste fragile quelques semaines : une nouvelle fracture survient chez 2 à 7 % des patients, le plus souvent dans le mois qui suit. Le risque est plus élevé chez les femmes de faible poids et lorsque la plaque est retirée trop tôt. Évitez le port de charges lourdes et les sports pendant les 6 semaines qui suivent l’ablation.

Q : La zone insensible sous la cicatrice va-t-elle disparaître ?

R : Elle diminue le plus souvent avec le temps, mais peut persister (chez environ 1 patient sur 5 à un an). Elle n’a aucune conséquence sur la force ou la mobilité de l’épaule.

Q : Quand pourrai-je reprendre le sport ?

R : Après fixation, environ 9 sportifs sur 10 reprennent leur sport. La course à pied, le vélo, la marche nordique et la natation en brasse peuvent être repris à partir de 3 mois, le golf et les sports de raquette à partir de 5 mois ; les sports de contact ou avec risque de chute ne sont pas repris avant 6 mois, après consolidation et accord médical.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Avec l’attelle pendant les 4 semaines prescrites. Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise (calés par des oreillers) durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller avec l’attelle ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : Aurai-je besoin d’aide à la maison ?

R : Oui, surtout la première semaine. Des gestes simples comme couper sa nourriture ou s’habiller seront difficiles. Prévoyez si possible une aide pour les premiers jours.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin à l’os : dans les fractures de la clavicule, il multiplie par plus de 3 le risque que la fracture ne consolide pas. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Aurai-je une cicatrice ?

R : Oui, une cicatrice horizontale le long de la clavicule, dont la longueur dépend de la fracture. La clavicule étant située juste sous la peau, la cicatrice reste visible, mais s’estompe progressivement au fil des mois.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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