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Réparation arthroscopique de la coiffe des rotateurs

Y compris les lésions partielles et les lésions intratendineuses (CID)

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention envisagée pour réparer la coiffe des rotateurs de votre épaule : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les mois qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

Il s’agit d’une technique mini-invasive : une caméra (arthroscope) et des instruments fins sont introduits par 3 à 6 petites incisions d’environ 5–7 mm autour de l’épaule. Cela permet de visualiser précisément l’intérieur de l’articulation et de réparer la coiffe sans ouvrir l’épaule.

Alternatives et évolution sans intervention

Une rupture de la coiffe ne cicatrise pas spontanément. Un traitement non chirurgical reste possible et se discute à tout moment : physiothérapie, antalgiques, infiltration de corticoïdes, adaptation des activités et du poste de travail. Il permet souvent de soulager la douleur et de retrouver une fonction acceptable, en particulier lorsque la rupture est partielle, la demande fonctionnelle modérée, ou la qualité des tendons insuffisante pour espérer une cicatrisation.

Sans intervention, la rupture a toutefois tendance à s’agrandir avec le temps et le muscle correspondant à se dégrader progressivement, ce qui peut rendre une réparation ultérieure impossible et conduire, à long terme, à une arthrose de l’épaule. L’objectif de l’intervention est de supprimer la douleur et de restaurer la force et la mobilité. Elle est proposée lorsque la gêne persiste malgré un traitement bien conduit, ou lorsque le risque d’aggravation le justifie. Ces éléments ont été discutés avec vous et vous pouvez y revenir à tout moment.

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, combinée à une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

L’opération dure en moyenne entre 1h00 et 2h00, selon la taille de la rupture, la qualité des tendons et le nombre de gestes associés.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

La chirurgie arthroscopique de l’épaule est très fiable, mais aucune intervention n’est sans risque. Le taux global de complications est faible.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

La rééducation conditionne le résultat autant que l’intervention elle-même. Le respect des phases permet au tendon de cicatriser sur l’os.

La récupération fonctionnelle est observée entre 4 et 6 mois, mais le résultat final peut demander 12 à 18 mois.

6. Reprise des activités

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Le bloc anesthésique est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Combien de temps dure la récupération complète ?

R : On observe une bonne récupération fonctionnelle entre 4 et 6 mois. Le résultat final en force et en mobilité peut demander 12 à 18 mois.

Q : Pourquoi dois-je garder l’attelle aussi longtemps, même la nuit ?

R : Les 6 premières semaines sont la période critique de cicatrisation du tendon sur l’os. Tout mouvement actif non contrôlé, même involontaire pendant le sommeil, peut arracher la réparation. L’attelle protège cette cicatrisation fragile.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Avec l’attelle, impérativement, pendant toute la durée prescrite. Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise (calés par des oreillers) durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller avec l’attelle ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : Aurai-je besoin d’aide à la maison ?

R : Oui, surtout la première semaine. Des gestes simples comme couper sa nourriture ou s’habiller seront difficiles. Prévoyez si possible une aide pour les premiers jours.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin aux tendons et altère la cicatrisation. C’est le principal facteur de risque évitable d’échec de la réparation. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Les cicatrices seront-elles visibles ?

R : L’arthroscopie utilise de très petites incisions ; les cicatrices sont donc généralement minimes et très discrètes à terme.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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