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Réparation d’une lésion SLAP / Ténodèse du long biceps

Chirurgie arthroscopique de l’épaule

Information destinée aux patientes et aux patients

Chère patiente, cher patient,

Ce document décrit l’intervention envisagée pour votre lésion SLAP de l’épaule, souvent associée à une atteinte du tendon du long chef du biceps : son déroulement, ses alternatives, ses risques et les suites à prévoir. Il complète l’entretien que nous avons eu et vous servira de référence dans les mois qui viennent.

1. L’intervention chirurgicale

Il s’agit d’une technique mini-invasive : une caméra (arthroscope) et des instruments fins sont introduits par de petites incisions autour de l’épaule. L’objectif est de traiter une lésion du bourrelet glénoïdien supérieur (lésion SLAP) et/ou du tendon du long biceps. Selon l’état des tissus constaté pendant l’opération, deux procédures principales peuvent être réalisées.

Alternatives et évolution sans intervention

Une lésion SLAP ne met pas l’épaule en danger. Le traitement non chirurgical est la première option dans la plupart des cas : physiothérapie ciblée sur la coiffe et la stabilité de l’omoplate, étirements postérieurs, antalgiques, infiltration, adaptation des gestes en cause. Beaucoup de patients sont durablement soulagés ainsi, et l’intervention n’est proposée qu’après l’échec d’un traitement bien conduit de plusieurs mois.

Sans intervention, l’évolution est le plus souvent stable : la gêne persiste, mais sans dégradation majeure de l’épaule. Le choix entre réparation du bourrelet et ténodèse du biceps dépend de l’état des tissus, de votre âge et de vos activités : au-delà de la trentaine, la ténodèse donne généralement de meilleurs résultats et un taux de reprise plus faible que la réparation. L’objectif de l’intervention est de supprimer la douleur et de vous permettre de reprendre vos activités.

Anesthésie

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, combinée à une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) pour la gestion de la douleur après l’opération. Les modalités et les risques de l’anesthésie vous sont expliqués en détail lors de la consultation pré-anesthésique.

Durée de l’intervention

L’opération dure en moyenne entre 45 minutes et 1 heure, selon la complexité des gestes.

2. Préparation préopératoire

Décolonisation cutanée (prévention de l’infection)

Bien que rare, l’infection profonde est une complication grave de la chirurgie de l’épaule. La bactérie le plus souvent en cause est Cutibacterium acnes, un germe naturellement présent dans les follicules pileux de la peau. Pour réduire ce risque, une décolonisation de la peau au gel de peroxyde de benzoyle est réalisée à domicile, à débuter 48 heures avant l’opération :

Le gel s’applique après la douche, sur une peau sèche, au niveau de l’épaule à opérer (du moignon de l’épaule jusqu’à la base du cou et l’aisselle, avec une large extension antérieure et postérieure). Massez la région, laissez agir 3 minutes, puis rincez. En cas d’irritation, de rougeur ou de sensation de brûlure, interrompez le produit : ces effets sont transitoires. Ne rasez pas l’aisselle la veille ou le jour de l’intervention, et retirez vernis à ongles, bijoux et piercings avant de venir.

Médicaments et documents

3. Complications et risques potentiels

La chirurgie arthroscopique de l’épaule est très fiable, mais aucune intervention n’est sans risque.

Signes d’alerte. Consultez le service des urgences de l’Hôpital de Saint-Loup ou contactez le secrétariat d’orthopédie en cas de fièvre soudaine ou de frissons, d’écoulement purulent ou persistant d’une cicatrice, de rougeur ou de gonflement important et persistant, de douleur toujours importante après 10 jours malgré l’arrêt des exercices, ou après un traumatisme (chute, traction, coup) avec craquement audible.

4. Séjour à l’hôpital et suites postopératoires

Deux modalités sont possibles, à discuter avec votre chirurgien.

5. Protocole de physiothérapie : la clé de votre réussite

La récupération fonctionnelle est observée entre 4 et 6 mois ; le résultat final peut prendre jusqu’à 12 mois.

6. Reprise des activités

7. Questions fréquentes

Q : Vais-je avoir mal après l’opération ?

R : Le bloc anesthésique est très efficace les 12 à 24 premières heures. Ensuite, des antidouleurs vous seront prescrits : il est important de les prendre régulièrement au début, sans attendre que la douleur devienne intense. Le froid (poche de glace) est aussi un excellent antidouleur et anti-inflammatoire.

Q : Combien de temps dure la récupération complète ?

R : On observe une bonne récupération fonctionnelle entre 4 et 6 mois ; le résultat final peut prendre jusqu’à 12 mois.

Q : Pourquoi dois-je garder l’attelle aussi longtemps, même la nuit ?

R : Les 4 premières semaines sont la période critique de cicatrisation des tissus. Tout mouvement non contrôlé peut compromettre la réparation ; l’attelle protège cette cicatrisation fragile.

Q : Comment dois-je dormir ?

R : Avec l’attelle, impérativement, pendant toute la durée prescrite. Beaucoup de patients trouvent plus confortable de dormir en position semi-assise (calés par des oreillers) durant les premières semaines.

Q : Comment m’habiller avec l’attelle ?

R : Prévoyez des vêtements amples et faciles à enfiler. Enfilez toujours la manche du côté opéré en premier, et retirez-la en dernier.

Q : Aurai-je besoin d’aide à la maison ?

R : Oui, surtout la première semaine. Des gestes simples comme couper sa nourriture ou s’habiller seront difficiles. Prévoyez si possible une aide pour les premiers jours.

Q : Le tabac influence-t-il vraiment le résultat ?

R : Oui, de façon démontrée. Le tabac diminue l’apport sanguin aux tissus et altère la cicatrisation, ce qui augmente le risque d’échec et d’infection. L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est fortement recommandé.

Q : Les cicatrices seront-elles visibles ?

R : L’arthroscopie utilise de très petites incisions ; les cicatrices sont donc généralement minimes et très discrètes à terme.

Ce document constitue un complément au formulaire de consentement éclairé. Il ne remplace pas l’entretien avec votre chirurgien : l’ensemble des informations relatives à l’intervention, à ses bénéfices, à ses risques et à ses alternatives a été discuté avec la patiente ou le patient lors de la consultation, et la possibilité de poser toutes les questions souhaitées a été offerte. La liste des complications ne peut être exhaustive.

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